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Enceintes François H.

Hauts Rocks et autres bestioles

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24-07-2019 à 17:59:19
Hug!:
François








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30-08-2019 à 19:26:37
California girrrrrrls en vue! The Regrettes viennent bien de Los Angeles et n'intègrent qu'un seul garçon dans leur quatuor, mais leur musique aux accents rock voire punk est caractérisée par la voix délicieusement fêlée de Lydia Night (exemple: "Coloring book"). Dans une écoute en aveugle on imagine une fille du genre fouet et pas forcément toute jeune ("Dead wrong" par exemple), d'autant que si les intonations pop sont aussi présentes ("I dare you", "Here you go"), elles sont musclées par une expression presque râpeuse, rageuse à l'occasion ("Pumkin", "Dead wrong", "Has it hit you?").
Un deuxième album, "How Do You Love?", marqué par une certaine homogénéité des compositions, avec une écriture fluide et agréable, qui pourra déplaire aux amateurs de rock sans concession ou à l'indie-pop confidentielle, mais déjà trop rock pour ceux qui apprécient la fluidité de la pop.

C'est typiquement le genre d'album qui éveille en vous des souvenirs d'insouciance, de jeunesse éventuellement, de musique associée au soleil et à l'optimisme, pour frapper en rythme votre volant et balancer la tête, même si vous êtes seul à connaître le groupe et qu'il ne passera que très rarement sur les ondes/flux.

...La surprise est tout de même assez grande de découvrir notamment Lydia Night, d'apparence si juvénile et au physique très avenant. De quoi éventuellement vous donner une fâcheuse idée préconçue sur le type de musique que contient la galette; laissez tourner et appréciez The Regrettes et ses riot girrrrls. Un disque d'été mais pas seulement.

"I dare you": https://www.youtube.com/v/WOgQpjARYyc
"California friends" logiquement: https://www.youtube.com/v/FoX8YjQCR5I
Extraits: http://www.google.cohttps://www.amazon.fr/How-Do-You-Love-Explicit/dp/B07SC58FHK/ref=sr_1_11?pf_rd_i=541640&pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96&pf_rd_p=8bc25e92-eccb-45b9-9780-69d6ef1e2d6a&pf_rd_r=YE03PTKMZ61A0W2ZBSSS&pf_rd_s=merchandised-search-leftnav&pf_rd_t=101&qid=1565331665&refinements=p_69%3A4x-2y&rnid=301164&s=music&sr=1-11m/
06-09-2019 à 16:42:09
Certains prennent des bains de guitare comme on en prend de moteurs à l'ancienne: sans filtre, sans chichis, bruts, en mode analogique.
C'est exactement le cas de la réédition des New-Yorkais d'Endless Boogie: "Vol. I, II", alias the black album.
Un son qui semble vraiment avoir été bricolé dans leur garage, avec cette distance typique d'une interprétation en direct live, dès "Outside of my mind".
Les cordes se tordent, le rythme s'accélère à peine; on se croirait dans quelque concert surgi des 70s'.
La voix? Pas exactement prête pour les succès à fredonner, plutôt un chant proche de la transe chamanique du chevelu de service, Paul Major, qui rappellera le vieux copain néanderthalien aux plus anciens d'entre vous (exemple: "Came wide, game finish")!
Des morceaux entre le chaos confortable du son métallique ("Dirty angel" entre autre) et la méditation post-party ("Morning like dirt"), qui s'étirent de plus en plus loin des standards commerciaux, comme ce très relativement court "Outside of my mind" (8'51 tout de même...).

Bref, Gggrrrrrrôôôgnnneuââârrrrrrrr!!!

Douceur brute de "Morning like dirt": https://www.youtube.com/v/NfRSin9wVrc
Ecoute intégrale: https://endlessboogie.bandcamp.com/album/vol-i-ii
13-09-2019 à 22:05:45
Le professeur D. Cibel ne réussissait pas toujours ses opérations de rétromusiqueur, mais en général il connaissait la recette pour ressusciter au moins les ambiances d'avant.
C'était encore une fois le cas avec ce parfum des années 50, cette voix un poil nasillarde, comme celle de la vieille radio. Et puis bien sûr le rythme et les guitares, la batterie légère comme à l'époque.
Le professeur avait juste fait une bourde en intégrant l'ensemble loin de ses bases du Mississippi; la Suède!!

Mais si on ne le savait pas on pouvait complètement se lover dans la douceur de cette musique faite pour le cruising sympa, avec le décor vintage du bar au bord de la route, là-bas.

Pour le nom difficile de se la jouer viril et tout à fait sérieux, alors Kokomo Kings c'était pas mal. Et puis comme les 50s' s'accordaient bien avec les somptueux gouffres à carburant chromés, la pochette de "Fighting Fire With Gasoline" faisait du clin d'œil aux postes à essence.

Le professeur se laissa tomber dans le fauteuil en cuir, face à sa nouvelle créature, et décida que c'était le bon moment pour ouvrir une bouteille de bourbon en tapant du pied; la soirée s'annonçait bien!

Extraits: https://www.amazon.fr/Fighting-Fire-Gasoline-Kokomo-Kings/dp/B07SXVF4GW/ref=sr_1_3?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&keywords=kokomo+kings&qid=1568404890&s=music&sr=1-3
08-11-2019 à 13:33:40
15 minutes de distorsions, de riffs crénelés et de morceaux rageurs: ce sont les Bad Mojos et c'est bien du punk.
Venus du pays des banques, des riches, de la Croix Rouge et des entreprises qui vendent des armes dans les zones de guerre, comme ils le rappellent en grinçant, les natifs du petit village de Thun près de Berne expriment une réjouissante énergie tronçonneuse.

10 titres expédiés plein pot pour dire à quel point ils ont envie de tendre le majeur (d'ailleurs en gros plan dans le livret) aux bonnes manières: "I hate", "Out of control" ou "Everybody hates me" résument bien ce _mauvais_ état d'esprit... pour notre bien finalement.
On trouvera logiquement une allusion aux forces de l'ordre vues comme des prédateurs ("Police car"), un hommage aux excès les plus bruts ("Too drunk"), des envies de meurtre ("Commit a crime"), un désespoir vis-à-vis de l'avenir, style no future ("Giggin' my own grave", "I wanna be dead", "Baby I'm doomed").

Vous n'achèterez donc surtout pas cette galette si vous aimez le beau son, les jolis sentiments, le bon goût et le rapport quantité-prix.
Vous pourrez l'acquérir chez Voodoo Rythm Records si vous pensez que ce disque servira d'exutoire, que bon une fois de temps en temps une bonne biture musicale ça fait du bien, que l'esprit punk c'était tout de même rigolo aussi, et surtout parce que vous ne vous prenez pas toujours au sérieux.

N'oubliez pas que derrière le bruit de ces trois sales gosses il y a finalement des constructions mélodiques et rythmiques qui en valent beaucoup d'autres, certes plus "présentables".
Ensuite vous pourrez mettre toutes les significations possibles de ce "I Hope You OD" (exagéré, trop, overdosé), car toutes collent parfaitement.

"Police car": https://www.youtube.com/v/bXvLEyWTrSE
Ecoute intégrale: https://bad-mojos-voodoo-rhythm.bandcamp.com/album/i-hope-you-od
29-11-2019 à 09:05:00
Bon évidemment, avec un nom pareil on devine une certaine vision intellectuelle de la musique: Lysistrata. Passez donc un coup de gomme sur cet a priori à double-tranchant pour écouter leur deuxième album "Breathe In/Out".

C'est quoi?? Du rock sans le moindre doute, et du genre tranchant justement, épineux et nerveux. Après un 1er opus qui m'avait paru trop erratique (des sons qui se suivaient sans ligne dominante à mon goût), Lysistrata semble avoir trouvé la bonne direction: en avant toute, épée à la main et casque baissé.

On se chauffe sur un "Different creatures" introductif pas encore totalement convaincant, mais ensuite l'attaque est franche et bien organisée, jusqu'au violent corps-à-corps de "Boot in a thistle". Le trio semble presque ressusciter un genre en perdition, celui d'une musique qui ne cède en rien à la puissance empesée, qui refuse les jolis effets de style inutiles. Les guitares y sont logiquement très en pointe, soutenues par une batterie rapide, guidées par cette voix claire et presque douloureuse ("Against the rain" par exemple).
Pas uniquement une musique de brutes pour autant, comme le prouve "Mourn", qui démarre en délicatesse avant d'accélérer le rythme, dans un mélange de rock et de new wave (sonorité allongée des guitares), ou les partiellement posés "End of the line" et "Everyone out".
L'album se termine sur un "Middle of march" à la fois contemplatif et chaotique, comme une fin de combat, avec le champ de bataille dévasté et la voix fatiguée.

Une formation française qui aurait très bien pu venir directement de l'autre côté de la Manche (ou de l'Atlantique?), qui gagnerait à être beaucoup plus connue que les pseudos "groupes de rock" plus souvent diffusés ici et là.

"Mourn": https://www.youtube.com/v/nRW-GpXD5rA
Ecoute intégrale: https://lysistrata.bandcamp.com/
13-12-2019 à 15:00:29
Le duo franco-américain des Parlor Snakes continue sa route avec une discrétion étonnante, alors qu'il mériterait une couverture médiatique à la hauteur du talent du groupe. Exemple parfait avec leur dernier album "Disaster Serenades".

Des compositions denses et sombres à la Black Rebel Motorcycle Club, mais servies par la belle voix charnue d'Eugénie Alquezar, parfaitement anglophone jusque dans son accent, ce qui n'est pas si fréquent chez les artistes frenchies. Du coup elle a parfois des intonations tranchantes qui rappellent PJ Harvey ("Darkness rises" ou "Das Meer" en particulier).
Un rock mélodiques mais pas mièvres, avec résonances et vibrations des guitares mais sans effets de manche, avec Peter K aux commandes ("Nylon & milk" entre autres). Des morceaux dont la simplicité directe rappellera aussi éventuellement les Kills ("Delicate creatures" ou "Frequency" par exemple).
Certains titres ont une beauté mélancolique remarquable, comme "Marc Bolan's firth dream", d'autres évoquent la chaleur du sud américain comme la paradoxalement "Serpent".

Un 3ème album solide, sans point faible, pour s'immerger dans les flots tourbeux de l'esprit rock.

"Marc Bolan's firth dream": https://www.youtube.com/v/MINY-GD-o14
"Nylon & milk": https://www.youtube.com/v/SLuw53d5YdQ
Ecoute intégrale: https://parlorsnakes.bandcamp.com/album/disaster-serenades
27-12-2019 à 09:34:26
Miroir de notre société la musique? Si c'est vrai, depuis 35 ans KMFDM nous renvoie comme un boomerang la violence ordinaire de ce monde, (toujours) basé sur les rapports de force.
A une grosse différence près: le groupe de Hambourg lacère avec férocité le populisme, les surpuissances au pouvoir, les masses suiveuses et tout ce qui lui hérisse le poil. C'est d'ailleurs exactement le sens de l'acronyme KMFDM qui est aussi un palindrome: Kein Mitleid Für Die Mehrheit / Kein Mehrheit Für Die Mitleid (pas de pitié pour la majorité / pas de majorité pour la pitié). Une vision sociale et politique totalement assumée.

Le dernier très ironique "Paradise" ne déroge pas à la règle: un rock aux rythmiques d'acier, aux claviers de plomb, mais avec une forme d'allégresse puissante (exemple: "WDYWB") qui le distingue très nettement des lourds métalleux compatriotes de Rammstein. Ce curieux mélange d'acier et d'aérien permet au bombardier de planer dans une atmosphère à part, ce qui donne parfois à penser qu'ils auraient pu se baptiser Lead Zeppelin, si le nom n'avait été déjà pris.

Comme toujours les paroles semblent parfois cracher comme des mitrailleuses ("Paradise"), Lucia Cifarelli adoucissant à peine la couleur métallique des compositions ("Piggy" entre autre). Un pilonnage électronique et analogique à la fois, pour faire voler en éclats les angles trop brutaux de notre monde ("Automaton"), des vagues d'attaque sans cesse renouvelées contre les détenteurs abusifs et égocentriques du pouvoir ("Megalo"), une défiance à l'égard des religions ("Oh my goth", "No god"), une rage non contenue contre ceux qui profitent et abusent des règles du jeu biaisées à leur avantage ("K-M-F"): le paysage selon KMFDM ressemble furieusement à un champ de ruine en devenir, comme le suggère d'ailleurs la pochette de l'album. Il ne changera certes pas le monde, mais cet opus fait un certain bien.

Il m'est apparu plus réussi que les tout derniers car les chevaliers teutoniques ont retrouvé tout leur allant, ne sacrifiant pas la vivacité à la puissance. Pas vraiment l'esprit de Noël ce "Surprise", mais un sacré feu d'artifice tout de même!!

Ecoute intégrale:https://kmfdm.bandcamp.com/
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