Construisez facilement vos enceintes acoustiques de très haute qualité !

Enceintes François H.

Soul et autres mouvements

02-08-2017 à 00:16:43
Wouais quoi, c'est l'été merde!! On n'a pas forcément envie de se prendre la tête, et avec cet Anglais comme avec beaucoup d'Anglais on sait décramponner le sérieux, l'intellect et surtout on sait... faire la fêêêêêête!!!

Retour de Calvin Harris sous les palmiers et/ou les sunlights, ceux des pistes de danse, des plages de djeuns, des soirées légères et joyeuses, avec "Funk Wav Bounces Vol.1".
Bon honnêtement je croyais le Calvin perdu dans la mélasse du commercial facile, depuis deux albums. Cette fois-ci il a eu la bonne idée de s'associer à des collègues de la pop avec qui cela a été plus productif: du R'n'B, Rap et autres musiques pas forcément les plus raffinées, mais ça marche! Pharrell Williams, Katy Perry, Snoop Dogg ou Nicki Minaj semblent avoir poussé notre English dans une piscine phosphorescente de sonorités festives.

Ça balance des hanches ("Feels", "Heatstroke"), du bassin ("Faking it"), ça ondule sensuellement ("Rollin","Hard to love"), les pieds prennent leur vie propre ("Holiday", "Slide"), ça joue du bad boy à l'occasion, comme sur "Skrt on me" ( ahem!...) ou sur "Cash out", bref c'est bien ce qui est annoncé: du funk, et du bon à mon avis, le genre qui vous pousse à bouger sans respecter la triste métronomie des compositions mathématiques, et donc à vous laisser improviser vos mouvements.

C'est l'été on vous dit, et on espère que l'on gardera la banane longtemps après... en attendant le Vol.2 avec gourmandise.

C'est l'été et c'est "Feels":  https://www.youtube.com/v/ozv4q2ov3Mk
"Slide":  https://www.youtube.com/v/8Ee4QjCEHHc
Extraits: https://www.amazon.fr/Funk-Bounces-Vol-1-Calvin-Harris/dp/B072F9FMSG/ref=sr_1_sc_1?s=music&ie=UTF8&qid=1498837926&sr=1-1-spell&keywords=cavin+harris
  • Liens sponsorisés



07-10-2017 à 09:45:05
Le professeur D. Cibel désespérait: cela faisait des années qu'il recréait des créatures du passé, mais leur violence rattrapait toujours le présent. Dans les bons jours c'était juste le laboratoire qui partait en fumée, mais lors des plus mauvais il se sentait lui-même d'une humeur tellement déprimée qu'il se retranchait au milieu de fioles dont le contenu n'avait hélas rien d'ésotérique.

Cette fois il observa cette vieille photographie des années 70 de son garage et convia aux mixtures du retour quelques ingrédients peu usités: de l'harmonica, des cuivres, un orgue Hammond, des chœurs féminins, plus une grosse louchée de rythmes. C'est à dire qu'il fallait que cela colle avec les coiffures afro, les pat'd'éléphant et la caisse toute en longueur.

Le docteur D. Cibel s'assit derrière sa table, brancha les électrodes sur les tubes et fit pivoter le potentiomètre jusqu'aux environs de 1973.
On entendit alors un battement léger et entrainant, comme si jamais aucune crise n'avait encore secoué le monde; c'était bien le retour vers les douces années qui mélangeaient soul, blues, jazz, rock et rythm'n'blues.
Un premier titre confirma qu'il était dans la bonne direction: "Nonchalant", comme "Fear is the enemy", "Soul shake" et surtout le très bien nommé "Live every day".
Même les compositions comme "My old neighborood" avaient un de ces bons goûts de revenez-y. L'esprit coloré et optimiste de 1973 semblait bel et bien revenir lui aussi à la vie: "Blues all around me", "Love is", "Rock bottom" ou "Stick and stones" lui redonnaient enfin la banane.
Il fallait encore baptiser le groupe, quelque chose qui traduise bien le plaisir ressuscité: Tommy Castro & The Painkillers, c'était très bien.

Le docteur D. Cibel était enfin revenu dans le bon vieux temps, et c'était définitivement cooooool!...
Restait plus qu'à emballer de façon raccord ce "Stompin' Ground", dans une pochette qu'elle serait chouette.

"Rock bottom":  https://www.youtube.com/v/xGWqj2vWfRM
"Fear is the enemy":  https://www.youtube.com/v/OpfVTT63Uy0
Extraits d'époque: https://www.amazon.fr/Stompin-Ground-Tommy-Castro-Painkillers/dp/B074GLDCT3/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1507122747&sr=8-1&keywords=Stompin%27+Ground+Tommy+Castro+%26+The+Painkillers
09-11-2017 à 12:49:35
Electro-soul sur les ondes: de la Soul blanche, teintée d'electro et jazzy, avec une sonorité presque fatiguée, comme si elle avait été écrite très tard dans la nuit, par le duo de King Garbage.

Les sons s'étirent paresseusement, la voix traîne, les cuivres semblent s'égarer, les guitares divaguent gentiment: un album tout en nonchalance.
L'introductif "lost in the sauce" réunit toutes ces caractéristiques, et le reste de l'album confirme cette rondeur douce, assez proche d'une certaine joie de vivre, entre amis.
"Merry go round" ou "Island" semblent avancer comme sous l'effet d'une ivresse nocturne, "Sharks" rappelle certaines compositions tardives de Steely Dan (Walter Becker rip...), et un vent d'inspiration mystique émane d'un "Devil" presque gospel.
"Make It Sweat" se termine là où il avait commencé, sur une note très tranquillement soul des Américains.

Un disque apaisant à écouter dans l'intimité la plus douillette.

"Lost in the sauce": https://www.youtube.com/v/6a5VT9FGRQ8
"Forbidden lovers": https://www.youtube.com/v/rZMK4ZlJW_4
Extraits: https://www.amazon.fr/Make-Sweat-King-Garbage/dp/B07446NNPD/ref=sr_1_5_twi_mus_2?ie=UTF8&qid=1507325423&sr=8-5&keywords=king+garbage
09-12-2017 à 16:00:56
Soul et aérienne, l'Anglaise Hannah Williams And The Affirmations. Comme le suggère la pochette de son disque "Late Nights & Heartbreak", ce sont toutes les couleurs du style que la chanteuse revisite, par des reprises bien fraîches et impeccablement posées à sa manière.
On y remarquera par exemple "Tame in the water", "Fool", "Dazed and confused", "In your arms"...
La voix d'Annah s'étire des rythmes les plus syncopés aux délicatesses les plus fines ("In your arms" par exemple ), en raclant quelques jolies vibrations à l'occasion ("Still in my head" ), dans des sonorités très 60s'/70s' ("7 am to Seville" entre autres ), proche du blues si nécessaire ("Your luck can change" ).

Le groupe a aussi la qualité de ne pas jouer dans un style monolithique, donc capable d'adapter ses prestations aux styles de chaque titre, de l'harmonica aux gros cuivres puissants et gras ("Woman got soul" par exemple ), en passant par les guitares acérées.
L'ensemble est inspiré, balance magnifiquement et ne fait jamais penser à un simple et scolaire album de reprises: réussite et plaisir à 100% pour ce qui est de l'homogénéité de cet album.

"Dazed and confused", qui ne devrait pas déplaire aux Led Zeppelin eux-mêmes: https://www.youtube.com/v/z1TiYPqsDqY
Ecoute intégrale à domicile:  https://hannahsoulwilliams.bandcamp.com/album/late-nights-heartbreak
10-03-2018 à 14:18:03
Barrence Whitfield est de retour gamins, et il est très content, comme toujours!

Nourri à l'origine aux divines incantations du gospel, il est descendu en rugissant et s'esclaffant vers les joies de l'enfer, dans des rocks brûlants, des rb'n'b volcaniques et une soul cramée au chalumeau.
Pas exclusif il s'entoure de musiciens blancs qui se secondent parfaitement dans ses raids menés aux tripes ("Edie please", "I can't get no ride" entre autre), sa voix gémissant comme un damné ("I'm gonna leave you"). Le désir est souvent très proche ("Say what you want", "Adorable"), la folie aussi ("Slowly losing my mind justement"). Quelques rares plages jouent la (presque) sagesse comme "Tingling" ou "I'll be home someday".

Mais cet album est chaud comme la braise fraîche, réconfortant comme un excellent whisky: c'est donc Barrence Whitfield And The Savages (les bien-nommés!...), dans "Soul Flowers Of Titan". Whaouuuuuu baby!!!!

"Let's go to Mars" (où on relèvera le clin d'oeil à Mélies): https://www.youtube.com/v/XuNZFieMDWk
Extraits: https://www.amazon.fr/Flowers-Titan-Barrence-Whitfield-Savages/dp/B078YHWVFB/ref=sr_1_1_twi_mus_2?s=music&ie=UTF8&qid=1520357990&sr=1-1&keywords=Soul+Flowers+of+Titan+Barrence+Whitfield+%26+the+Savages
07-04-2018 à 11:12:33
Après quelques galops d'essai pas ratés, l'Anglais Tom Misch sort "Geography".
De la musique noire composée et chantée par un Blanc: on peut légitimement se méfier. A tort dans ce cas (au moins).

Une musique aérienne qui mélange des influences soul ("Movie", "We've come so far"), funky ("Lost in Paris", "South of the river", "Disco yes"!, "Cos I love you"), rap et jazzy ("Water baby"), méditatives ("Tick tock"), voire brésiliennes ("It runs through me"). L'hommage acoustique à Stevie Wonder (sur "Isn't she lovely") confirme son ancrage culturel.
Tom Misch sait aussi faire simplement sonner la guitare version folk ("Man like you", "You're on my mind").

L'atmosphère est manifestement au solaire en ce printemps qui naît, dès l'intro qu'est "Before Paris": le genre de disque à écouter en cruisant tranquillos sur la côte, en sirotant un café sur la terrasse ou juste pour se masser en douceur les nerfs trop à vif, histoire de se dire que la vie est parfois douce.

"Movie": https://www.youtube.com/v/DUzEYcR2VtM
"Water baby": https://www.youtube.com/v/Tj-4gZ9fuGE
Extraits: https://www.amazon.fr/Geography-Tom-Misch/dp/B07BRSR6TN/ref=sr_1_1_twi_mus_2?s=music&ie=UTF8&qid=1523091682&sr=1-1&keywords=tom+misch
07-04-2018 à 17:10:26
C’est toujours un plaisir de te lire Thunderbolt alias Océana ....


Selon les statistiques, il y a une personne sur cinq qui est déséquilibrée. S'il y a 4 personnes autour de toi et qu'elles te semblent normales, c'est pas bon.... (Jean-Claude Van Damme)
11-04-2018 à 10:25:15
penfall:
C’est toujours un plaisir de te lire Thunderbolt alias Océana ....



C'est peu de le dire...





Visitez le site de François H. , concepteur d'enceintes acoustiques de très haute qualité : http://francois.h.pagesperso-orange.fr/
11-04-2018 à 18:13:37
Heureux que vous le soyez aussi!!
02-06-2018 à 18:11:28
J'ai failli louper le dernier opus de Chlorine Free, et ça aurait été comme rater un rendez-vous gourmand et intelligent.
C'est un collectif qui évolue avec vivacité entre des styles souvent opposés en termes de milieux sociaux et de quartiers: une alliance du jazz, de la soul, du hip-hop au service du groove et d'un état d'esprit humaniste, très loin des références bling-bling ou des démonstrations techniques pures.

Cela n'est pas sans rappeler d'autres groupes avec la même ouverture intellectuelle et artistique, comme les Floridiens de Cyne (des rappeurs francophiles et admirateurs de Rousseau...), comme sur ce "Dayz speech".
Le batteur (notamment sur "Bloody Headz"), les cuivres ("Breaking news" par exemple), la basse ("Chagrin") et les claviers ("Too many mirrors" entre autres) sonnent toujours jazz, tandis que les scratches de platine et bien sûr les vocaux apportent ce rythme très typique du hip-hop. Une fluidité qui évoque aussi les meilleures minutes de Thievery Corporation ("Rêves perdus") ou les anciens de Definition Of Sound.
Une atmosphère chaleureuse, bien servie par une production impeccable, qui donne un résultat aussi moelleux que vivant.
Pour les vocaux on remarquera l'anglais mais aussi le français, voire l'arabe à l'occasion... et pour cause, Chlorine Free est une formation parisienne!
Le tout groove donc avec élégance, comme le sang et la vie dans les veines.

Impossible de déceler cette caractéristique en-dehors de certains titres scandés dans la langue de Molière (c'est le cas de le dire vue la qualité de réflexion et de poésie des textes, généralement très littéraires).

Un "Free Speech" qui donne vraiment envie de sortir des sentiers battus, puisqu'on ne vous y attend pas pour vous asséner de méchants coups sonores dans les oreilles.

Actualité brûlante sur "Lifelines": https://www.youtube.com/v/-8aBMYVR0Tc
Extraits: https://www.amazon.fr/Free-Speech-Explicit-Chlorine/dp/B076PPFQNV/ref=sr_1_2_twi_mus_2?s=music&ie=UTF8&qid=1527942051&sr=1-2&keywords=chlorine
23-06-2018 à 10:00:06
Entre la soul et le R&B, Jorja Smith. Une Anglaise qui pourrait se fondre dans la masse des pleureuses à l'eau de rose du R&B, mais qui s'en distingue par sa manière sensible d'enrichir les vibratos de délicatesses émotionnelles, d'articuler subtilement les phrasés, sans reproduire sur deux morceaux différents la même cuisine.

C'est d'ailleurs un des attraits de ce "Lost & Found": une variété de styles et d'émotions tout au long de l'album. Il y a à l'évidence une très forte influence soul, qui permet à la jolie Jorja de chanter en posant parfaitement sa voix, sans utiliser un chevrotement cache-misère.
Le 1er titre, "Lost & Found", peut rappellee les envolées d'un Marvin Gaye, et le "Teenage fantasy" suivant la rattache immédiatement au R&B d'aujourd'hui.
Mais dès "Where did I go?" c'est son propre style que l'on perçoit, avec cette superbe voix légèrement fêlée, et cette rythmique cadencée. On oscille ensuite entre l'aérien délicat ("February 3rd"), le hip-hop ("Lifeboats"), l'influence électro ("Wandering romance")... et la grâce, tout simplement ("Goodbyes").

Un album tout en finesse, peut-être la naissance d'une pointure de la soul, si la belle veut bien travailler ses évidentes qualités, déjà entr'aperçues sur le EP "Project 11", et prendre encore plus de distance avec certaines manies R'n'B.

"Where did I go?": https://www.youtube.com/v/meP1neJrguw
"Don't watch me cry" en live: https://www.youtube.com/v/8Y5q1LJF68M
Extraits: https://www.amazon.fr/Lost-Found-Jorja-Smith/dp/B07D979NXJ/ref=pd_ecc_rvi_1
13-08-2018 à 16:15:25
Un tonic pour affronter le terne et le sombre, garçon s'il vous plaît!! Et c'est Hervé Salters, alias General Elektriks, qui assure le mélange et le service, tonique et suave à la fois.
Sur ce "Carry No Ghosts" on reste dans la veine electro-funk-pop dont étaient faits les disques précédents, avec ce clavier dynamique, celui d'Hervé évidemment.
Un début un peu répétitif ("Different blue"), avant de lâcher les pas de danse non formatés, dès "Never can get enough".
Nouveauté: une conscience politique et sociale derrière la futilité apparente, comme "Amour über alles" (référence à nos haines des étrangers de tous acabits), ou "Au tir à la carabine" (des caractères trop flingueurs).
La rythmique reprend bien sûr ses droits ("Walk by the ocean", "Don't let it let you down"), confinant presque à la soul ("A dreamy disposition") en pratiquant une méditation atmosphérique à l'occasion ("You took your time" justement, ou le "De passage" final).

Mais cette voix et cette exécution sautillante restent typiquement General Elektriks, rattachant bien cet album aux précédents.

"Au tir à la carabine": https://www.youtube.com/v/TlsoPt6TSok
Extraits: [url] https://www.amazon.fr/Carry-No-Ghosts-General-Elektriks/dp/B0792JWCJR/ref=sr_1_1_twi_mus_2?s=music&ie=UTF8&qid=1533310053&sr=1-1&keywords=general+elektriks[/url]
07-09-2018 à 18:03:00
Bon alors on prend le disque de Swamp Dogg, on laisse tourner… et on revient fissa au lecteur pour l'extraire et s'attendre à un souci d'impression ou d'affectation!!!
Faut dire et pour mémoire que le gugusse en question c'est un des ancêtres de la soul viscérale, version éruptive et souvent humoristique (album "Total Destruction To Your Mind" par exemple).

Alors que là, dans sa dernière production, "Love, Loss And Auto-Tune", le vieux brouille les cartes avec un aplomb de jeunot, en invitant à une fiesta improbable rappeurs et autres avatars de la musique noire actuelle… D'où le bond interloqué décrit plus haut, avant de goûter les délices de cette musique décidément bien vivante.

Tout commence avec un "Answer me, my love" qui respire l'éternelle contrition du pécheur que Swamp Dogg n'a jamais cessé d'être. Bon, classique.
Mais soudain la voix se fait digitalisée et la basse résonne sur "I'll pretend" (où la douleur de la solitude transparaît), suivi d'un titre très R'n'B (celui des djeuns), "I'm coming with lovin' on my mind". Rebelote avec le pas très politiquement correct "Sex with your ex" et "She's all mind all mind". "$$$ Hunting" se promène sans complexe du côté du rap, tandis que "I love me more" peut facilement intégrer les dancefloor. Comme quoi les anciens sont très capables d'assimiler les leçons du présent, car en plus ce n'est pas ridicule pour un sou.
Il reste en plus quelques ballades soul savoureuses et parfaitement exécutées ("Lonely", "Star dust"), avec cuivres.

La pochette elle-même prend des libertés avec la classe habituellement affichée par ceux qui se prennent (trop?) au sérieux, véritable clin d'œil au parcours de l'artiste.

Quand on vous dit que la musique entretient la jeunesse!! Un album aussi surprenant que réconfortant quoi, chez Joyful Noise (en effet!).

"I'll pretend": https://www.youtube.com/v/xMFTucgj8K4
Et "Star dust" pour celles et ceux qui aiment bien la soul plus classique: https://www.youtube.com/v/UFoLtCu8l2g
Pour l'écoute, autant consulter directement le Swamp Dogg Times (sacré Jerry!!): https://swampdogg.bandcamp.com/album/love-loss-and-auto-tune
05-10-2018 à 16:10:27
Macy Gray traîne sa voix cabossée depuis des années, sans forcément trouver un écrin musical à ses qualités: trop de titres mal structurés ou trop anodins. Là elle sort "Ruby" et honnêtement on n'y croyait plus trop… Et puis finalement, malgré quelques morceaux encore passe-partout, elle finit par séduire la grande fille.

Une soul classique à la mode retro ("Cold world"), qui coule librement en mode ballade ("Over you", "When it ends", "Just like Jenny", "But he loves me"), une injection jazzy ("Tell me"), des influences presque gospel ("Shinanigins") et de la soul-pop élégante ("Buddha", "Sugar daddy", "Jealousy"). Une sorte d'éventail de la musique noire calibrée pour voix à forte personnalité.
Pas un album à tout casser, mais qui remplit agréablement l'espace et l'atmosphère. Et une artiste qui n'a jamais cessé de croire en la beauté classique de son art, en refusant de le sacrifier aux facilités du r'n'b.

"Sugar daddy": https://www.youtube.com/v/tBBj90G3g-A
Extraits: https://www.amazon.fr/Ruby-MacY-Gray/dp/B07DGLZ71K/ref=sr_1_1_twi_mus_2?s=music&ie=UTF8&qid=1538151194&sr=1-1
23-11-2018 à 16:32:16
Comme souvent avec les artistes anglais les mélanges d'influences se conjuguent sur la base de mélodies plus que sur l'impact des rythmes ou des mots.
David/Devonté Hynes n'échappe pas à la belle malédiction qui fait que ses compatriotes ont toujours su enrober les différents styles dans des vapeurs digestes. Il sort sous le nom de son groupe Blood Orange l'album "Negro Swan", en s'éloignant du hip-hop et du RnB.

Ce disque vous offre un éventail quasiment complet des types de soul, avec références multiples à de grands anciens du genre.

Ça débute avec cette voix typiquement noire qui peut rappeler en particulier les productions de Prince, avec ces claviers qui l'accompagnent ("Orlando", "Chewing gum", "Nappy Wonder"), en prenant donc modèle sur le genre de morceau que l'on trouvait dans les années 90 ("Take your time", "Minetta creek") voire des années 80 ("Hope", "Out of your league"). Un titre comme "Jewelry" constitue même un véritable hommage aux chœurs polyphoniques aériens des Beach Boys, tandis que "Family" flirte avec le jazz et l'acid-jazz.
Les influences US sont bien évidemment majoritaires: "Charcoal baby" ressemble à du Outkast.
Et puis partout cette sensualité typique de la soul ("Holy will", "Dagenham dream", "Runnin'").

En tout cas rien de violent; tout passe avec fluidité, en flottant dans l'air avec finesse. Partisans des tapis de bombes s'abstenir!

"Jewelry": https://www.youtube.com/v/uj5uvKrDbmQ
"Charcoal baby": https://www.youtube.com/v/hIlauccaH88
Extraits: https://www.amazon.fr/Negro-Swan-Blood-Orange/dp/B07GC47J5Z/ref=sr_1_1_twi_mus_2?s=music&ie=UTF8&qid=1538806608&sr=1-1&keywords=blood+orange+negro+swan
01-02-2019 à 17:00:40
A ceux qui pourraient croire que la Soul n'est qu'un aimable divertissement pour "vocaliseurs", faites donc tourner le dernier album de Malford Milligan.
Près de 10 ans après son dernier album il nous ouvre les portes d'une Soul nourrie au Gospel, comme jadis Otis Redding. Un titre d'album qui traduit la condition fragile d'être humain: "Life Will Humble You".
L'albinos texan fait glisser sa voix directement du cœur vers le ciel, soutenue par l'orgue, les chœurs et les guitares discrètes.
Un album marqué par la volonté de faire le bien ("I'm glad to do it", "I'll take care of it all"), d'assumer sa rédemption ("The man I used to be", "Life will humble you"), mais aussi par la volonté de vivre fièrement ("I don't mind it at all", "I won't surrender"), pour finalement trouver la paix sur ce monde plein de crocs ("Feel like going home", très gospel). Malford n'hésite pas à flirter avec le folk ou la country ("Yo yo") ou la ballade sudiste ("All this love", "Desperate decisions").
Des morceaux beaux et douloureux avant d'être seulement virtuoses ("Getting over you"). Bref plus qu'un petit supplément d'âme, c'est le cas de le dire.

"Feel like going home" en live: https://www.youtube.com/v/znUUbxznDV0
"All this love": https://www.youtube.com/v/EZMk2bXVIF0
Extraits: http://www.malfordmilliganmusic.com/music/
  • Liens sponsorisés